C'est le Dies Natalis, le jour de la naissance au ciel, de St Vincent Ferrier. En effet il remit son âme à Dieu le 5 avril 1419 à Vannes dans la maison où il y a aujourd'hui la librairie "La Procure" place Valencia.

Buste reliquaire de St Vincent, Cathédrale de Vannes Buste reliquaire de St Vincent, Cathédrale de Vannes

Voici la vie de St Vincent donnée en préface au Traité de la Vie Spirituelle écrit par St Vincent.

 

Vincent Ferrier, ou Ferrer en catalan, est né à Valence en Espagne en janvier 1350. Il entre à 17 ans dans l'Ordre des Frères Prêcheurs, où il poursuit ses études jusqu'en 1378, date à laquelle il reçoit la prêtrise et commence la phase active de son existence : professorat, prédication, politique. De 1395 à 1398, il est à Avignon le conseiller et le confesseur du pape Benoît XIII. C'est là qu'il tombe malade et que le Christ lui apparaît en songe, escorté de saint Dominique et de saint François. Il reçoit l'ordre d'aller prêcher par le monde. Il se relève guéri.

Pour la fête de sainte Cécile 1399, il est investi par le pape de pouvoirs extraordinaires et de la charge de « plénipotentiaire du Seigneur ». Il approche alors de la cinquantaine et part vers son destin. Vingt ans durant, il ne connaît ni trêve ni repos. Il parcourt à pied d'abord, puis, lorsque la fatigue de l'âge l'aura épuisé, monté sur une bourrique, l'Espagne, l'Italie et la France. Sa renommée, son éloquence, sa vertu, son pouvoir de thaumaturge, ébranlent l'Europe. Il met fin au grand schisme d'Occident, prépare l'unité espagnole, pacifie la chrétienté. Il est l'Ange de paix de l'Europe et l'Ange du Jugement comme il se désigne lui-même, jusqu'au jour où, épuisé par son labeur quotidien auprès des foules qu'il entraîne, des infidèles qu'il convertit, des rois et des princes qu'il conseille et concilie, il meurt à Vannes en Bretagne, le 5 avril 1419, vénéré comme un saint.

Il est canonisé en 1455 par le pape Callixte III. Il est le grand saint national des Catalans et le second patron du diocèse de Vannes. Apôtre du Grand Retour pendant sa vie, il continue de l'être après sa mort. On l'invoque afin de pouvoir par son intercession vivre de telle façon qu'on soit digne de paraître avec confiance au redoutable Jugement.

 

Et quelques fioretti :

La puissance du signe de la croix

Vincent raconte qu'ayant demandé au démon qui tourmentait un malheureux, pourquoi il s'était ainsi emparé de sa victime, le démon répondit : « Parce qu'il mangeait et buvait sans réciter au préalable aucune prière, sans même faire le signe de la croix ». Et à la foule, qui lui demandait pourquoi il les signait du haut de son estrade avant de commencer son sermon, il répondait : « Je crains toujours en mon cœur, quand je prêche hors d'une église, qu'il n'arrive un accident ; dans une église, non. C'est pourquoi dehors je vous signe. Contre le signe de la croix, aucun danger ne prévaut ».

 

Le vice impur

Afin de montrer l'énormité du vice impur, il faisait la comparaison suivante : « Ce serait un forfait exécrable de jeter dans la boue une image du Christ Notre-Seigneur. Les personnes impures ne commettent certes pas un moindre crime en plongeant dans la fange des passions charnelles leurs âmes, qui sont l'image de Dieu d'une façon encore plus parfaite que les peintures qui représentent le Sauveur des hommes ».

 

Quelle sottise est la haine

Un homme, furieux qu'on lui eût refusé l'absolution, se plaignait partout, disant que c'était uniquement parce qu'il n'avait pas voulu pardonner à un cordonnier qui ne le méritait pas. Vincent l'entend : « Vous ne voulez pas pardonner au cordonnier, soit, pardonnez à vous-même ! À qui faites-vous mal ? Pendant que vous le haïssez, il mange, boit, et prend du bon temps : et vous, vous vous rongez le foie, sans compter l'âme qui se perd ». L'autre revint : « Je comprends à présent, dit-il, quelle sottise c'est la haine ».